COP 27 de Charm el-Cheikh, un bilan mitigé pour les énergies renouvelables

20 décembre 2022 | Actualités

Les COPs semblent se suivre et se ressembler… Alors que Greta Thumberg a annoncé cette année ne pas vouloir participer à cette “machine à greenwashing”, 200 pays se sont quant à eux déplacés et réunis pour discuter de l’avenir de la planète et des actions à mener. Alors que nous nous rapprochons dangereusement des 1.5°C, ce rassemblement semble en effet montrer ses limites. Le contraste entre les effets d’annonces de ces COPs et la réalité est saisissant. En résulte les rapports des précédentes COPs : une succession de chiffres et de décisions, semblant avoir peu d’impact réel. Également prouvé par les statistiques des émissions de gaz à effet de serre. En effet, ces dernières ont atteint un pic historique en 2021.
Alors, qu’en est-il de cette COP 27 ? 

COP 27 : les origines  

Le sigle « COP » signifie « Conférence des Parties ». C’est une convention internationale annuelle adoptée en 1992 qui consiste à fixer les objectifs climatiques mondiaux.  
La COP 27 de 2022 s’est tenue en novembre dernier à Charm el-Cheikh (Égypte). Cette COP est la deuxième étape d’un plan en trois phases. La COP 26 finalisait les règles de l’Accord de Paris. Tandis que la COP 28 dressera le bilan de la situation climatique mondiale.  
La COP 27 devait donc répondre à 4 principaux enjeux :
– L’atténuation des émissions ; 
– L’adaptation au changement climatique ; 
– Le financement pour le climat ; 
– Les pertes et préjudices.

Une information inédite ressort de la COP 27 : pour la première fois, les États ont concrétisé la nécessité d’apporter de l’aide aux pays les plus vulnérables au changement climatique. La crise des ressources devient un sujet de plus en plus prégnant… Chefs d’États et gouvernements, membres d’organisations non-gouvernementales comme les activistes ou les ONG, ont tiré la sonnette d’alarme.  

Les énergies renouvelables et la COP27  

Dans le plan d’implémentation final, 3 points ressortent de la partie “Énergie”. 
Les énergies renouvelables sont abordées, et une revue complète des systèmes énergétiques est reconnue. Et ce dans le but de “procéder à des réductions immédiates, profondes, rapides et durables des émissions mondiales de gaz à effet de serre”. La nécessité de consacrer plus d’effort aux énergies renouvelables et de favoriser les partenariats et la coopération est mise en avant. La crise énergétique est bien présente et reconnue comme sans précédent. C’est en ce sens qu’il est indiqué dans le rapport qu’il faut “transformer rapidement les systèmes énergétiques pour qu’ils soient plus sûrs, fiables et résilients”. 

Ainsi, le besoin d’un verdissement du mix énergétique et son utilisation sont évoqués. Mais aussi la diversification des combinaisons et des systèmes énergétiques. La nécessité de mettre en place un système d’approvisionnement en énergie propre est soulevée. La lutte contre la pauvreté énergétique a tenu une place importante, un signal positif, mais des questions restent en suspens… Le sujet du stockage d’énergie est absent, ce qui semble paradoxal alors que son développement est démontré pour déployer les énergies renouvelables, et que ces dernières sont intermittentes.   

“Les engagements actuels des pays signataires de l’accord ne permettent pas de tenir cet objectif, ni même celui de contenir l’élévation de la température à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, quand les humains ont commencé à utiliser en masse les énergies fossiles responsables du réchauffement climatique.”  

Si cette COP a permis des avancées, nous comprenons que la transition avance lentement. Les mesures concernant l’utilisation d’énergies fossiles sont controversées… Et trop restreintes compte tenu de l’urgence.  

Le problème subsiste, d’une part, dans l’inégalité d’action en fonction des pays. Par exemple, les USA ont quitté l’Accord de Paris et sont revenus, sans apporter de nouvelles actions. La Gambie est le seul pays à respecter les Accords de Paris. D’autre part, un autre sujet ressort de cette COP 27 : les pays les plus pauvres sont également les plus affectés. 

“Ce monde ressemble encore trop à ce qu’il était, lorsqu’il faisait partie d’un empire impérialiste […] Comment les entreprises peuvent faire 200 milliards de dollars de profits dans les 3 derniers mois, et ne pas participer à un fond de pertes et dommages d’au moins 10 centimes par dollar de profit ?” Déclarait Mia Mottley, Première ministre de la Barbade, lors de cette COP 27. Et Mia Mottley connaît son sujet ! En effet, la Barbade est un pays fortement impacté par les effets du dérèglement climatique… Alors qu’elle n’y a quasiment pas participé. 

Elle a demandé à ce que les acteurs non-étatiques (comme les compagnies fossiles) soient mis à contribution d’un fond pour les pertes et dommages. Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, la suit dans ce sens. Il qualifie d’immorales les grosses entreprises qui tirent des profits conséquents de cette crise énergétique au détriment des plus démunis, sans réduire leur impact sur le climat.   

Mais, une question semble subsister : Les pays sont-ils prêts à revoir leur modèle économique ?   

Entre mesures contraignantes et conflits d’intérêts, le chemin de la neutralité carbone semble encore long. L’Egypte, pays hôte, n’a pas laissé une grande marge de manœuvre sur la question des énergies fossiles, soutenu par la Russie et la Chine. Il faut rappeler que les énergies fossiles représentent toujours la principale source d’émissions de gaz à effet de serre à l’échelle planétaire. À l’inverse, selon l’IRENA (Agence internationale pour les énergies renouvelables), “seulement 29% de la production mondiale d’électricité provient actuellement d’énergies renouvelables”. 

Ce sujet, beaucoup disputé, demeure tabou. La mention de la suppression progressive des énergies fossiles n’apparaît pas dans le plan d’implémentation final de la COP 27. Et ce, alors que la crise ukrainienne met en évidence les limites de la centralisation et de leur utilisation. 

Notre conclusion de la COP 27  

Il n’est plus à démontrer que la géopolitique et les jeux de pouvoirs gravitent autour des ressources, et notamment énergétique. Le gaz russe, le pétrole des émirats arabes unis ainsi que les controverses qu’ils amènent sur le devant de la scène en sont la preuve. Le fait que l’Egypte, pays pro-énergies fossiles accueille la COP 27, n’a pas contribué à faire avancer les discussions et les décisions. Étaient notamment présents 636 lobbyistes des énergies fossiles, et des sponsors tels que Coca-Cola et EgyptAir.  

Le constat est le suivant : l’absence de mesures concrètes en matière d’écologie coûte cher. Et ce en terme financier, mais également humain et naturel. Les curseurs sont placés à des niveaux bien trop différents. Les intérêts économiques passent encore souvent avant la transition écologique.   

En reconnaissant ces aspects, le débat est ouvert !

Et cela nous laisse espérer une plus grande reconnaissance et mise en lumière de ces enjeux. La COP 27 a tout de même permis de faire remonter ces problèmes et ne laisse pas le choix aux États que d’essayer de trouver des solutions ensemble, au niveau mondial. De nombreux État et organes non-étatiques ont la possibilité de faire entendre leur voix et de s’élever dans les discussions. 

De surcroît, des améliorations se font tout de même ressentir. Comme par exemple une plus grande utilisation de l’énergie solaire et des énergies renouvelables en général. Mais, pour parvenir à des résultats convainquant, il faudrait être capable de prendre de réelles décisions communes et de les faire respecter. La planète est un “bien commun”, et continuer dans cette voie de l’individualité ne peux être prospère sur le long terme. Chaque pays reste souverain de ses lois. Même si la discussion et la prise de conscience commune sont les raisons d’être des COPs, les modèle économiques des pays s’érigent comme un frein à cette avancée commune.

Lire l’article précédent : Viva Technology 2022, le temple français de l’innovation : on y était ! 

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